Besson veut faire caler Canal à Calais
BESSON ET ROCARD, DES VISIONS OPPOSEES SUR L’IMMIGRATION
Besson, avec raison semble-t-il, dénonce les procédés qu’aurait utilisés l’équipe de « Action discrète » de Canal+ pour faire un reportage comique sur la destruction de la « jungle » de Calais.
La "jungle" à Calais
Mais pourquoi cette « grave dérive médiatique » comme le dit le ministre ? Parce qu’il a pris cette décision violente et inefficace de détruire cette zone. Bien sûr, cette « installation » était insalubre, dangereuse, illégale. Mais avant de la supprimer il aurait fallu penser à des systèmes provisoires d’accueil, d’orientation, de soins…
Il fait à l’équipe de tournage le reproche de donner une image « dégradante et humiliante » des ressortissants étrangers ; mais lui, ce n’est pas une affaire d’image, c’est son comportement qui a dégradé et humilié ces étrangers.
Eric Besson, ministre
Ceux-ci ont pour une part disparu dans la nature, pour d’autres ont été conduits dans des centres de rétention.
Les 40 afghans retenus à Nîmes ont tous été libérés.
Samedi dernier, Michel Rocard prononçait un discours devant la Cimade, seule organisation à pouvoir visiter tous les centres de rétention. (De larges extraits sont publiés dans Libération, 29 septembre)
Il revenait d’abord sur sa phrase fameuse sur la misère du monde, mal interprétée car tronquée.
« La France et l’Europe peuvent et doivent accueillir toute la part qui leur revient de la misère du monde…Que nous ne puissions à nous seuls prendre en charge la totalité de la misère mondiale ne nous dispense nullement de devoir la soulager autant qu’il nous est possible. »
Puis il se livre à une critique sévère de notre actuelle politique d’immigration :
« Pas besoin de longues phrases pour dire ce qu’il y a d’humainement inacceptable de donner à la police un objectif annuel d’expulsions…
Refus des mesures qui portent atteinte à la vie familiale et qui se multiplient, à l’encontre des engagements de la France.
On estime qu’il y a en France entre 100 000 et 150 000 immigrés en situation irrégulière mais pourvus d’un travail, logés, pratiquant le français et donc pleinement intégrés à notre vie sociale ». Ne devrait-on pas leur offrir « une véritable citoyenneté de résidence ? »
En conclusion, il termine : « le cadre nouveau dont la nécessité s’impose ne pourra être inventé qu’en sortant d’une vision européocentrée, et en établissant un nouveau dialogue avec les pays du Sud, en premier lieu l’Afrique ».
C’est sans doute dans cet esprit que Patrick Balkany,
député maire UMP de Levallois-Perret, ami du Président, et bien connu pour ses turpitudes judiciaires, a pris le contre pied du ministère des affaires étrangères en apportant via le numéro 2 de la junte Sekouba Konoté son soutien au chef Dadis Camara dont la police a réprimé violemment les manifestations d’opposants faisant au moins 157 morts et des milliers de blessés et de femmes violées.
La Francafrique a de sales restes !
PF