l'argent et l'absentéisme scolaire

Publié le par Odace

Contre l’absentéisme : de l’argent ou de l’éducation ?

 

L’absentéisme représente en moyenne quelque 6% des élèves, mais touche sporadiquement plus de jeunes, de l’ordre de 30%.

Il va de soi que ce problème est plus grave dans les collèges ou les lycées dits « difficiles ».

Lutter contre l’échec scolaire et la « désocialisation » passe évidement par la lutte contre l’absentéisme dont une nouvelle sorte se développe : l’élève est bien dans l’établissement, mais il ne suit aucun cours.

 

 

« Sécher moins pour gagner plus » titre Libération du 6 octobre.

 

Martin Hirsch, qu’on a connu plus inspiré, lance une expérimentation  visant à payer les classes dans lesquelles l’absentéisme est faible ou diminue. Bref, on manie la carotte financière, on financiarise la présence.

 

Alors dans 3 lycées professionnels de l’académie de Créteil, les élèves suffisamment présents pourront collectivement amasser une cagnotte qui irait de 2000 à 10000 euros. Voyages, achats d’ordinateurs…

Ce n’est pas nouveau : un lycée de Marseille offre des places pour les matchs de l’OM aux classes « méritantes » ! Comme le disait un élève : « il faudrait au moins que l’OM se mette à gagner » !

Lycée à Gardanne 


Des éducateurs s’étranglent devant ce qui ressemble fort à un abandon des principes fondamentaux de l’éducation à l’école. L’entrée de l’argent comme source de motivation peut conduire à de graves dérives sans toutefois améliorer la réussite.

 

Au lieu de s’attaquer aux vrais problèmes, erreur d’orientation, manque d’encadrement, refonte de certains programmes, rapports avec les familles…Mais cela est long et demande beaucoup d’énergie.

 

 

Les « équipes mobiles de sécurité » arrivent !

 

Au cas où des désordres apparaitraient dans un établissement, les EMS pourraient intervenir ; non, ce ne sont pas des policiers ; cela leur permet d’être présents aux abords des lycées et DANS les cours. Pour faire diminuer la violence.

Voilà aussi un moyen plus musclé  pour  lutter contre l’absentéisme : que les EMS aillent donc chercher les élèves récalcitrants et les enferment  dans  les  classes !

 

Moins de profs, moins de médecins scolaires, moins d’assistantes sociales, moins d’éducateurs… et à la place des quasi policiers !

 

 

Des solutions douces sont possibles

 

Comme en témoigne le fort intéressant dossier de Pascale Krémer (Le Monde 2, 3 octobre), une équipe pédagogique, du principal aux enseignants, avec des adultes relais et le personnel administratif, s’efforce de rendre leur collège plus calme et plus efficace.

 

« Expliquer les règles, écouter, enseigner autrement », sont les recettes non pas d’un miracle mais d’une réussite croissante. Les profs se sentent utiles et n’ont plus peur, les élèves apprécient leurs études et leur collège ; il y a moins de violence.


                                                        Collège à Nanterre 


Certes un collège même à Nanterre est sans doute moins difficile à gérer que de nombreux lycées des « quartiers », mais tenter de passer par l’éducation parait tout de même plus judicieux et plus naturel que passer par l’achat monétaire de la bonne conduite.

 

En matière d’éducation aussi, il faut viser le développement durable

 

 

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Publié dans Société

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