Malgré l'urgence, le G 20 déçoit
Le G20 : déception attendue
Déception ? Tout dépend bien sûr pour qui ; les banquiers se réjouissent ; les financiers ne sont pas mécontents ; l’économie capitaliste n’est pas remise en cause.
Les déçus sont ceux qui espéraient encore une certaine moralisation. Ceux qui imaginaient possible que la « crise » conduise à de profondes remises en cause des systèmes qui en étaient responsables.
Peut-on moraliser le capitalisme ?
Comment définir la morale ? Par le souci de justice, d’équité, de partage. Par le souci de la planète et de ce que l’on en fait pour les générations futures. Bref une activité morale est celle qui met l’homme et son avenir au centre de ses préoccupations.
Le but du capitalisme est le profit, censé être le meilleur indicateur de la réussite, de la performance. Le profit est sans morale. Il profite toujours aux plus puissants.
Moraliser en l’espèce peut au mieux dire corriger les effets les plus désastreux et les plus iniques du capitalisme.
Le G 20 annonce une certaine régulation
Comme le titre Le Monde (27/28 septembre), « le G20 promet de réformer en douceur le capitalisme ».
La reprise n’est pas assurée (sauf en France bien sûr !), poursuivons les efforts de relance ; évitons de revenir aux pratiques bancaires antérieures ; encadrons les rémunérations et donc les bonus : le G20 « souhaite que les entreprises mettent en œuvre immédiatement des pratiques de rémunération saines ». Quelle contrainte drastique ! Après le FMI, la Banque Mondiale » s’entrouvre aux plus petits. Obama aurait déjà prévenu que la réunion de Copenhague sur le climat risquait fort de s’achever sans accord.
Pour reprendre l’expression de l’excellent chroniqueur économique du Monde, Pierre Antoine Delhomais, les pays du G20 se sont montrés « intraitables et intarissables sur l’accessoire, inconsistants et muets sur l’essentiel ».
Et pourtant que ne nous avait-on pas promis en France ?
Obama et Sarkozy, des attitudes politiques opposées
Il suffisait d’observer les deux conférences de presse, celle de Sarkozy et celle d’Obama présentée en direct par LCI.
Le président américain ne peut pas tout, d’abord dans son pays où toucher au profit et à la libre entreprise reste profondément tabou. Mais il ne jette pas de poudre aux yeux ; il ne promet rien inconsidérément ; il pose les questions et avec prudence cherche de bons compromis pour les solutions. C’est souvent décevant mais c’est honnête.
Notre président ne peut s’empêcher de faire des annonces pour tenter de prendre la vedette ; il gesticule, il se dit « très satisfait de ce que nous avons décidé ». A juger sur pièce !
Sans doute fatigué, pendant ce court séjour, il s’emporte par deux fois ; la première en parlant des coupables du procès Clearstream ; la seconde, après que B. Kouchner ait fait part de ses critiques sur la politique présidentielle à l’égard de l’Iran, il agresse Arlette Chabot et la télévision publique.
Ce mélange des genres est parfaitement détestable. Le signe des limites d’un homme qui prétend tout décider, tout savoir, tout maîtriser.
Le contraire d’un grand homme d’Etat !
Détente urgente sur la plage !
Pour être franc, tout cela ne nous a pas empêché de profiter de la plage et de la mer ! Il faut en effet ne pas tarder. Car d’après l’Observatoire national sur les effets du réchauffement
climatique, le recul de la côte liée à l’érosion et à la montée des eaux « devrait concerner plusieurs centaines de milliers de personnes et la destruction de logements pourrait coûter plusieurs dizaines de milliards d’euros à l’échelle du siècle pour la seule région Languedoc Roussillon » !
Cela nous ramène au G20 et à Copenhague !
Dernière minute : lorsque Delhommais signait son article, la dette publique mondiale (The economist) atteignait 35 118 911 milliards de dollars ; à cet instant, le 27 septembre à 19h20, elle atteint 35 143 620 milliard de dollars. On vous dit qu’il y a urgence !
PF