Une réponse de Christine Lazerges, professeur de droit pénal
A la suite de notre billet sur " la scandaleuse politique pénale de Sarkozy" nous avons reçu un commentaire de Christine Lazerges, professeur de droit pénal à la Sorbonne, ancienne vice présidente de l'Assemblée nationale.
Nous l'en remercions bien vivement.
(Pour le blog de Pascal Forbin)
Oui les échecs de Nicolas Sarkozy sont très graves et lourds de conséquences en matière de chiffres de la délinquance, d’état calamiteux de nos prisons et de réformes de la justice.
Nicolas Sarkozy fait fausse route en cherchant à mettre « main basse sur la justice ». La défense des libertés en démocratie suppose une justice indépendante « à distance » du pouvoir politique. Tenir la justice en laisse c’est bien là l’objet du rapport Léger proposant la suppression du juge d’instruction. Les critiques fusent de toutes parts dans le monde judiciaire et bien au-delà. Même des députés de la majorité, comme Jean-Paul Garraud, ancien magistrat, fustigent un projet « inconcevable ».
Vers un grave déséquilibre
En dehors du transfert des compétences du juge d’instruction, magistrat indépendant, au parquetier sans véritable statut d’indépendance le rapport est tissé de faux-semblants comme les prétendues améliorations des contrôles de la garde à vue. Prétendues, car ce que les auteurs du rapport offrent d’une main ils le reprennent de l’autre en inventant par exemple la retenue des majeurs pendants six heures sans aucune garantie.
L’évidente régression démocratique doit revigorer notre capacité d’indignation et nous appeler à une extrême vigilance quant à la suite d’un rapport dit « Léger » et que caractérise une insoutenable légèreté tout en recélant de graves dangers.
Christine Lazerges