Nous voulons un PS fort et donc uni
On a tous besoin d’un PS fort et efficace
A côté des multiples déclarations, des textes « refondateurs », des engagements de principe, il reste une certitude : seul un PS fort, donc uni, portant un vrai projet réaliste de gauche, peut, avec les autres « petites » forces de gauche, et les démocrates ouverts et progressifs reprendre l’initiative et battre Sarkozy pour une France « meilleure ».
Un PS fort et uni, est-ce encore possible ?
Il ne s’agit pas d’idolâtrer Ségolène et surtout pas de la « victimiser ». Oui, elle a des défauts, elle commet des dérapages verbaux, elle a un goût certain pour l’autonomie, elle n’est pas conforme…
Mais elle dispose d’un courage, d’une volonté et d’une ténacité hors du commun ; elle représente une certaine nouveauté, un espoir de changement ; elle a eu l’expérience d’un combat présidentiel, certes perdu, mais avec 47% des voix, après seulement quelques mois de préparation et malgré l’opposition plus ou moins feutrée d’une large partie du PS.
Martine Aubry a également beaucoup de qualités, mais elle n’a pas le charisme de Ségolène Royal qui bénéficie d’une large adhésion populaire. Et dans sa marche vers un parti fermé sur des militants dont beaucoup sont usés voire amortis, dans son refus de s’adapter aux nouvelles institutions, dans l’affichage d’un certain dogmatisme dont elle a déjà été fortement accusée, Martine Aubry ne risque pas de transformer son image.
A ce titre le sondage publié par Libération devrait inquiéter la majorité du PS : 50% (contre 46) ne font pas confiance à Aubry pour proposer des solutions concrètes ; 49% (contre 45) ne lui font pas confiance pour moderniser le parti ; 58% ne lui font pas confiance pour rassembler la gauche et 53% (contre 41) pour rassembler le parti.
Mais il est vrai que les sondages peuvent changer et que de toute façon, cette nouvelle équipe s’en moque comme elle se méfie de l’opinion. Du moment qu’on écrit des textes de gauche…La feuille de route 2008-2011 cosignée par les 3 qui forment la majorité a obtenu 146 voix sur 306. Brillant ! Mais compréhensible quand on prend la peine (au sens propre !) de lire ce catalogue de poncifs et de lieux communs, résultat d’un amalgame susceptible d’être accepté par les différents clans de la majorité.
Le parti veut-il sincèrement le rassemblement ?
On peut en douter !
Il n’est pas normal qu’une majorité hétéroclite, élue à une majorité extrêmement courte, repousse l’équipe qui, seule, a manqué la victoire de si peu, dans des conditions relativement douteuses.
Repoussée des organes dirigeants, des responsabilités importantes, privée de bureaux rue de Solférino, et des moyens matériels du parti, verbalement agressée. Ses arguments et propositions sont méprisés et refusés d’un revers de texte, sentant l’injustice et la revanche.
Quelques exemples :
Hamon, visiblement excédé de se voir reprocher l’exclusion de l’équipe Royal lance que sa motion n’a fait que 29% et qu’elle n’a donc pas à être trop exigeante. Soit. Mais celle de Martine Aubry, 25% et celle du nouveau (il l’était déjà du temps de Hollande !) porte-parole 19% ; il ne mentionne pas que le suffrage « universel » direct a donné 50%- à Ségolène et 50%+ à Martine+Bertrand+Benoit, un attelage pour le moins bizarre.
Dans son dernier grand discours à Reims, Ségolène Royal déclare : « nous sommes le socialisme, levons nous, vertu et courage, car nous rallumerons tous les soleils, toutes les étoiles du ciel ». Le professeur Jean Bauberot, militant présent au congrès, rappelle que Ségolène s’est fait huée, sifflée, traitée de « télé évangéliste » pour cette envolée lyrique. Pourtant il s’agit d’une citation de Jaurès !
Une autre citation du même, lors d’une disputation avec Jules Guesde : « …de ce que le parti socialiste est donc essentiellement, un parti d’opposition à tout le système social, il ne résulte pas que nous n’ayons à faire aucune différence entre les différents partis bourgeois et entre les différents gouvernements qui se succèdent…c’est le devoir du prolétariat socialiste de marcher avec celle des fractions bourgeoises qui ne veut pas revenir en arrière » (26 novembre 1900).
Et rappelons au porte- parole qui sait si bien compter, que 24/26 ? du PS + 1/2 du PC + 3/4 de la gauche non capitaliste + 7/8 des verts ne font jamais que 35 à 40 des voix ; un peu court, non ?
Alors, faut-il rejeter toute autre alliance qu’à gauche et perdre à tout coup, ou faut-il oser construire un rassemblement de toute la gauche avec « la fraction bourgeoise » qui refuserait clairement le sarkozysme ?
Comment faire l’unité au sujet de l’Europe ?
La prochaine échéance électorale, printemps 2009, sera fondamentale. Les socialistes arriveront-ils unis et crédibles ? Oui, il faut modifier l’Europe, la rendre plus juste, plus démocratique, plus sociale.
Comme l’écrit B. Hamon, dans sa motion, il faut :
« une autre politique monétaire, une autre politique budgétaire, une politique industrielle ambitieuse ; il faut protéger les services publics et construire l’harmonisation sociale et fiscale ».
La question, au-delà de ces belles intentions, est : comment faire ? En disant non ou en entrant dans l’Europe ; en faisant confiance aux partis sociaux démocrates européens ou en considérant que seul le PS français détient la vérité ?
La France a 26 partenaires qu’il s’agit de réunir sur un projet commun et l’on voit dans la période de crise actuelle à quel point c’est difficile alors que ce serait essentiel pour limiter les dangers de la récession.
On peut toujours rejeter l’accord de Lisbonne et rester encore des années sur le traité de Nice (dont le coresponsable côté français est Lionel Jospin), ou alors essayer d’aller de l’avant en s’engageant dans et non dehors, comme l’a fait faire Fabius.
Certes Martine Aubry, heureuse parmi ses collègues du PSE, se réjouit de l’adoption du « manifesto » à Madrid le 1er décembre ; le texte ne figure même pas dans l’hebdo des socialistes et sur le site, seule la version anglaise est disponible.
On sait la force souterraine d’un Fabius, d’un Emmanuelli et de tant « d’anti européens » de la majorité et la fracture profonde qui subsiste dans le parti sur le thème de l’Europe. Inquiétude.
Il faudrait aussi que le PS adopte une attitude claire sur l’adhésion de la Turquie, dont Hubert Védrines écrit : « L’Europe et la Turquie peuvent-elles se passer l’une de l’autre ? Le projet européen peut-il faire l’impasse sur le candidat le plus puissant et le plus volontaire qui reste à l’extérieur ? »
Martine Aubry saura-t-elle mener le PS, dans le respect de ses grands objectifs, à une position réaliste, et à …un score honorable ?
Au nom de la rose ou à la désunion des deux roses ?
Paraphrasant le titre de l’édito du Monde daté du 9 décembre, on voudrait espérer l’unité dans le respect de chacun.
Il y a beaucoup de talents dans ce parti, beaucoup de force mobilisable, militants et sympathisants ; en face, il y a une politique antisociale, répressive, une économie capitaliste en grave difficulté, un manque évident de partage des richesses, une France sans valeur, une politique élaborée au quotidien qui réagit à l’émotion, un libéralisme qui écrase les plus faibles.
Voilà le vrai combat !
Je reprends ce que disait il y a quelques semaines dans le Libé des philosophes, la philosophe Barbara Cassin : « Arrêtez vos conneries ! » Stoppez le tout sauf Ségolène !
Dans une tribune solide, bien charpentée, Henri Weber, proche historique de Fabius, définit le travail à faire d’une manière que tout socialiste peut largement approuver ; alors pourquoi conclure en laissant croire qu’il y a nécessairement opposition entre ses propositions et la position des « royalistes » qui, bien évidemment « veulent emmener le parti vers sa présidentialisation, sa pipolisation, un parti de supporteurs, simple reflet de l’opinion ». D’un côté, la majorité qui pense, qui revient à l’idéologie, au pur militantisme et de l’autre les danseurs et danseuses des bals populaires ! Double erreur : communication, médiatisation, ne conduisent pas nécessairement à la pipolisation ; et le PS se doit aussi d’écouter l’opinion, ce qui n’empêche pas de l’éclairer et n’oblige pas à la suivre. « Etre réaliste, c’est montrer qu’une autre réalité est possible et la faire advenir ». et vous pensez que redéfinir l’idéologie de la gauche socialiste dans un parti qui aura écarté la moitié de ses partisans fera advenir quoi que ce soit.
Finement, vous appelez votre tribune, « les chantiers d’Aubry » ; vous auriez du l’intituler « les chantiers du PS ».
Non M. Hamon, les jeux ne sont pas faits, la partie n’est pas jouée, comme vous dites !
Il faut vous réunir, passer au-dessus de vos querelles et de vos blessures ; alliez vous solidement et travaillez ensemble, chacun(e) à sa place ; ce n’est qu’ainsi que vous apporterez, en fait et non seulement dans vos discours, plus de justice, plus de solidarité, plus de confiance à des français qui vont de plus en plus en manquer.

Désirs d’avenir, est un beau message, c’est aussi un groupe actif et vivant, puissant, de militants et sympathisants. Il souhaite, il peut, se mettre au service, dès demain, de tout le PS. La majorité actuelle sait fort bien comment faire.
Alors courage, lucidité, agissez, vite !