Pour un millefeuille allégé !
ALLEGEONS LE MILLEFEUILLE !
Ne vous attendez pas à une recette de cuisine!
Il s'agit de quelques réflexions simples sur le millefeuille électoral français.
1/ Un empilement complexe et coûteux caractérise notre vieille organisation; car s'il est facile d'ajouter, il est plus difficile de retirer: il y a tant d'intérêts en jeu!
Alors rappelons nous: le quartier, la commune, le regroupement de communes, le canton, le département, la région et l'Etat. (Assemblée nationale et Sénat). Qui fait quoi, qui élit qui, qui reçoit quoi, qui contrôle qui?

Le président vient de créer une commission pour modifier cette situation, présidée par E. Balladur, dont on connait l'enthousiasme pour le changement et la prise de risque. Il a d'ailleurs déclaré , avant toute réunion, que le problème était délicat et qu'il ne fallait rien supprimer ; tout juste pourrait-on envisager des regroupements à la carte! Voilà qui augure mal des décisions claires.
Et pourtant dans cette période de crise durable et profonde, la modernisation et la diminution des coûts de l'action publique devraient être accélérées.
En dehors des Etats, quelles sont les vraies zones de décision en Espagne, en Allemagne, en Italie: les communautés autonomes, les länder, les provinces. Ce qui correspond plus ou moins à nos régions, sans doute déjà trop nombreuses pour faire le poids.
Au Portugal, les petits villages et les bourgs sont regroupés au sein de communes "consistantes", alors que nous maintenons 36 000 communes. Le charmant village de l'Esperou, dans les Cévennes s'est battu pour le maintien de son école; il a réussi grâce à l'intervention de N. Sarkozy. A cette rentrée, deux élèves, oui, deux, sont inscrits!
Oui, il conviendrait de retirer quelques niveaux au millefeuille.
Une organisation construite autour de la commune, d'importants regroupement de communes et des régions devrait permettre de satisfaire au besoin de proximité et de solidarité locale et aux nécessités de la cohérence économique, sociale, éducative...
A la condition de modifier les modes de scrutin pour une plus grande démocratie et une vraie responsabilisation.
2/ Le village de Marsillargues (Hérault) a l'habitude de se comporter comme le village d'Astérix face aux romains!
Membre de la communauté de communes du pays de Lunel, son opposition à la plupart des projets l'a empêché de profiter des aides, subventions, opérations urbaines et culturelles collectives...dont les autres communes ont profité.
Et ainsi, depuis une vingtaine d'années le village n'a pas bougé; il s'endort doucement et devient de plus en plus un village dortoir!
Et la Communauté en question se bat à son tour contre les pressions de l'Agglo de Montpellier pour qu'elle la rejoigne. Gardons notre identité est le maître mot!

Il serait bien que chacun , avant de s'opposer, se pose deux questions:
-en quoi consiste mon identité?
-pourquoi un regroupement administratif remettrait -il en cause mon identité?
Car l'identité est un ensemble de caractères, de traits, propres à un groupe: langue ou "patois", architecture et urbanisme, religions, traditions (fêtes et taureaux...), art et culture.
Nous soutenons au contraire l'idée que notre village ne pourra se développer et garder et enrichir son identité qu'en s'intégrant pleinement à une grande communauté.
Mais à la condition d'avoir de vrais projets et de savoir les défendre vigoureusement.
Routes, voieries, équipements socio culturels, rénovation du château, transports...dépassent de loin les capacités de la municipalité et d'une petite communauté d'à peine 50 000 habitants.
Alors, quand Midi Libre interroge notre maire sur son sentiment par rapport à l'entrèe dans lAgglo, plutôt que de dire : "pas d'idée, je verrai avec mon conseil", elle devrait prendre le biaou par les cornes et dire "nous y allons".
Une commune, une agglo et une région, voilà la bonne solution! le millefeuille, certes plus léger, n'en sera que meilleur!
P.F.