Après le cinema en plein air, place à la politique

Publié le par Odace

Les partis ont achevé leurs devoirs de vacances

 

APRES LE CINEMA EN PLEIN AIR, PLACE A LA POLITIQUE

 

 

 

Ce n’est pas l’été indien pour tout le monde !

 

 

Ces deniers jours, les universités d’été (appellation bien pompeuse) ou campus (appellation bien juvénile qui a tout de même permis de voir Mme Alliot Marie danser le rock en même temps que M. Raffarin) ont achevé leurs travaux, peut-être devrait-on dire plutôt leurs discours !

 

UMP, le plus factice

Quelle belle unité, tous les ex concurrents ou rivaux tous ensemble, se serrant la main pour les photographes ; quand on veut trop en faire, on tombe parfois dans le ridicule.

Pour le reste, ils attendent tous de savoir ce que veut Nicolas pour agir.

 

Nouveau Centre, pathétique

Après avoir quitté ce qui est devenu le Modem pour courir après quelques postes, les voilà qui annoncent chercher et des alliances et des idées (il serait temps !) ; comment se démarquer de l’UMP sans se rapprocher de F. Bayrou, voilà la question qui fait certainement avancer le pays.

 

PS, peu constructif, agaçant, mais pas le moins honnête

Bien sûr voir les mises en scène des éléphant(e)s, les tractations, les alliances et les tactiques avant le congrès, les « ego » à peine retenus, invite à la méfiance et conduit à la lassitude.

Qui sera le chef : Bertrand (soutenu par François ?), Martine, Laurent, Julien, Pierre,  Ségolène (qui se met en retrait) ?

Luttes internes au grand jour ; il faudrait tout de même savoir s’arrêter et passer à la construction de l’avenir.

 

PC, la poursuite du déclin

Heureusement que Besancenot était là pour créer l’agitation ! Sinon, du convenu, du répétitif, de l’incantatoire rabâché. Comment se joindre au PS sans disparaitre, voilà leur question.

 

Modem, une parole peut-être utile

Dans sa grande solitude, un rôle de composition qu’il joue fort bien (cf son attitude pendant la visite papale) mais qui doit commencer à lui peser, Bayrou tend la main vers le PS. Profitant des déboires de ce dernier, il s’ouvre à une alliance programmatique. Que ne l’a-t-il fait il y a 16 mois, Sarkozy aurait peut-être été battu ?

 

Des verts, relancés par Cohn Bendit

Cette reprise ira-t-elle au-delà des européennes ? Pourtant, il y a chez eux des idées, de la générosité et parfois du souffle

 

 

 

 

Bref :

Une droite aux ordres (on ne parle pas du FN, heureusement exsangue…pour le moment) qui profite sans vergogne de sa puissance financière, médiatique et politique.

Une gauche en miettes (on ne parle pas du futur parti de Besancenot, dont les idées généralement archaïques ou utopistes ne visent pas le pouvoir et les responsabilités mais.. . la révolution)

 

Il n’y a pas d’autre voie pour battre Sarkozy et conduire une nouvelle politique économique, sociale, culturelle au service de tous les français que de fonder une alliance entre les socialistes, les autres  gauches « responsables » et le Modem sur la base d’un projet de gouvernement.

Ce n’est qu’autour d’un vrai programme d’action, démocratique, réaliste et crédible qu’une majorité de français pourra se mobiliser et les hésitants se déterminer. Et si une partie de la gauche du PS n’accepte aucun rapprochement avec les centristes, qu’elle rejoigne l’extrême gauche ; ce qui serait une  grande satisfaction pour Sarkozy qui espère lui faire jouer contre le PS le même jeu que les socialistes ont fait jouer  au FN contre la droite.

 

 

Quelques pistes pour une gauche rénovée et solidaire

 

Des centaines de personnalités, à titre personnel ou dans le cadre de clubs de réflexion ont fait de nombreuses propositions pour la rénovation de la gauche. (Voir notamment l’article du Monde 2 du 23 août, l’interview de Pierre Rosanvallon dans le Nouvel Observateur du 4 septembre).

 

Pour notre part, nous retiendrions principalement les domaines d’action suivants :

 

1/  Une démocratie modernisée et approfondie

 

Comme le fait remarquer P. Rosanvallon, la vie démocratique devient de plus en plus complexe. Certes le choix périodique des personnes et des programmes est fondamental, mais l’élection ne suffit plus à installer durablement la légitimité. Il convient de créer aussi des institutions « réflexives et impartiales ». Repenser la démocratie autour d’une nouvelle exigence : intensifier les échanges, établir « une interactivité permanente entre société et pouvoir ».

 

2/ Investir en priorité dans l’économie de la connaissance

 

Education, formation, système universitaire, recherche, sont les priorités politiques et budgétaires majeures. Sans cet effort important et durable, il n’y a pas d’avenir pour notre pays, déjà en retard sur ce point, dans la compétition mondiale.

 

3/ Notre économie nécessairement « de marché » doit s’engager dans l’Europe et le monde.

 

L’économie française est définitivement, inexorablement, inscrite dans l’Europe, dans le monde. Quoi qu’en pensent encore de nombreux militants de gauche, elle ne peut fonctionner que dans le cadre du « marché ». Ce qui ne veut pas dire verser dans l’ultra libéralisme.

Notre politique économique doit être régulée, viser une vraie diminution des inégalités et développer la solidarité : création d’un bouclier anti pauvreté.

Comme le dit l’économiste Philippe Aghion, « un état moderne doit cesser d’être un état providence pour devenir un état éducateur, un état facilitateur ».

 

 

4/ Pour une réforme simultanée du système des retraites et du système fiscal

 

Il y a trop d’incertitudes dans le premier. Thomas Piketty propose de remettre tout le système à plat et de créer un « capital retraite » unique, transparent, que chacun pourrait utiliser à sa guise.

Il y a trop d’injustice dans le second. Bouclier fiscal, niches fiscales, limitation du taux d’imposition, part excessive des diverses taxes.

Efficacité et solidarité doivent être la règle d’une nouvelle fiscalité.

 

5/ Poursuivre la décentralisation

 

Des communes à la région, de la base au « sommet », il y a trop d’échelons. Pour garder l’esprit citoyen et diffuser l’esprit démocratique concrètement, les communes et leurs différentes formes d’associations sont essentielles.

Pour investir, lancer de grands projets, maintenir la cohérence sociale, économique, culturelle, la région est indispensable.

Il semble en effet que l’échelon départemental devienne superflu.

 

6/ Participation renforcée à l’Europe

 

La tiédeur, l’hésitation ne sont plus de mise. Elles ont entraîné la perte d’influence de notre pays par rapport aux institutions européennes. Tout en restant vigilant sur les défauts et la lourdeur de la machinerie bruxelloise, il faut participer activement à sa modernisation, au renforcement de son efficacité. Plus de politique commune, une action sociale forte et constante, une politique étrangère plus coordonnée et une véritable défense européenne qui allègerait nos dépenses militaires.

 

Tout ceci et plus encore doit concourir à l’établissement d’une société apaisée, plus juste, plus solidaire. Une société où serait reconstruite la confiance entre les hommes, entre les gouvernants et les gouvernés, entre les possédants et les démunis. Sans cette confiance, les réformes nécessaires ne se feront que dans le passage « en force ».

La gauche devra être concrètement soucieuse d’humanisme ; revenir sur les différentes lois qui constituent une justice répressive , repenser la politique d’immigration, prendre les vraies mesures permettant de proposer un  logement digne à tous, s’engager sur un plan « banlieu » généreux et réaliste, garantir le développement durable tel qu’il a été esquissé au Grenelle de l’environnement, défendre et relancer une action culturelle diversifiée et décentralisée…


 

Quelques propositions élémentaires ne font évidemment pas un programme !

Ces opinions personnelles, reprises parmi les nombreuses contributions récemment publiées, et brièvement énoncées, n’ont pas d’autre ambition que d’entrainer des réactions et peut-être d’inciter à débattre.

 

P.F.

 

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Publié dans Politique

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