mondialisation et respect des hommes
Méditerranée, Chine, Europe : avancée et régression de la mondialisation
Une mondialisation inexorable
« Je suis certain que la mondialisation est potentiellement porteuse d’immenses bienfaits, tant pour les populations du monde en développement que pour celles du monde développé. Mais les faits sont accablants : elle n’a pas concrétisé ces potentialités », ainsi Joseph Stglitz commence son livre : Un autre monde, contre le fanatisme du marché, Fayard, 2006.
Pour l’essentiel, cela tient au déficit démocratique des institutions, au manque de régulation, à l’absence de recherche de solidarité entre les hommes.
Trois évènements aujourd’hui interrogent sur l’évolution de cette mondialisation.
Les JO de Pékin
Bien évidemment, ils servent la Chine, cette super puissance étrange où l’enfermement dans un parti dictatorial, le PCC, n’empêche pas l’enrichissement de millions de chinois au travers d’un capitalisme débridé. Des taux de croissance à deux chiffres qui font monter le niveau de vie, de manière tout à fait inégalitaire. Certains s’inquiètent et craignent une crise grave; d’autres pensent qu’ils peuvent continuer ainsi pendant des décennies avant d’avoir fait progresser le pouvoir d’achat de tous les habitants (1,35 milliard !)
L’une des questions essentielles pour de nombreux pays du monde, et aussi pour quantité de chinois est la place de l’homme, ses droits, les respect de sa liberté et de ses opinions dans cette évolution. C’est pourquoi le Tibet a posé et pose encore de nombreux problèmes.
Sans aucun doute, les politiques, chefs d’état et autres auraient du profiter de l’inauguration des JO pour faire entendre cette voix des droits de l’homme.
Mais ils ont pour la plupart, à commencer par notre Président, abandonné cette possibilité pour faciliter les échanges économiques. Dans cette affaire, l’affaissement de la France a été particulièrement manifeste, à telle enseigne que l’ambassadeur de Chine en France a menacé notre pays de représailles si nous recevions le Dalai Lama.
L’Europe
Ici aussi, l’économie et le développement l’emportent sur le politique ; le marché et l’argent sont les maîtres.
Certes l’Europe a été une splendide construction et reste encore un ensemble de paix et de développement remarquable.
Mais au service de qui ?
Le déficit démocratique se creuse, faute d’avoir modifié le traité et ses institutions avant l’élargissement. Et ce n’est pas sous la présidence française que l’Europe sociale va progresser. Sarkozy, dont on connait l’attention respectueuse qu’il porte aux syndicats, a rappelé tout récemment que le social ne faisait pas partie des zones d’action de la présidence !
L’Union pour la Méditerranée
Réunir 44 pays à Paris, tous les pays de l’Union Européenne et tous les pays –sauf la Lybie, sans doute parce que Sarkozy en a trop fait avec Khadafi !- au bord de la Méditerranée, est une performance notoire, même si pour cela il a fallu recevoir Assad, Moubarak (coprésident), ben Ali, Bouteflika.
Ce qui est regrettable, c’est que ces personnages soient aussi présents à la fête nationale du 14 juillet, fête de la liberté.
Mais peut-on espérer que ce premier pas puisse être le signe d’un futur plus solidaire, d’un Moyen Orient sans guerre, d’un partage plus équilibré, d’un commerce plus équitable, d’un rapprochement entre des peuples qui se battent plus souvent qu’ils ne se respectent ?
On commencerait par des actions concrètes et non par la construction d’institutions lourdes ; l’homme serait-il dans cet ambitieux projet enfin mis au centre.
On peut toujours rêver !
PF